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 histoire de l'astronomie au canada

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MessageSujet: histoire de l'astronomie au canada   Dim 11 Fév - 18:28




Tout comme les Canadiens d’aujourd'hui ne se représentent pas tous l'Univers de la même manière, les autochtones du Canada avaient eux aussi leurs propres idées et leurs propres légendes à propos du ciel étoilé. À ce sujet, John MacDonald a récemment publié un livre recensant des connaissances astronomiques des Inuits. Malheureusement, ce livre demeure à ce jour le seul ouvrage d’importance consacré à l'astronomie des peuples autochtones du Canada.

Au cours des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, des explorateurs venus pour la plupart de Grande-Bretagne ont cherché le passage du Nord-Ouest qui leur permettrait d’atteindre l’Asie. En traversant l'océan Arctique, ces navigateurs audacieux utilisaient les connaissances astronomiques de l’époque pour déterminer leur longitude et leur latitude à l’aide du Soleil, de la Lune et des étoiles. Mais ce sont les missionnaires jésuites établis à demeure au Canada qui ont véritablement fondé l'astronomie au pays. Déjà au milieu du XVIIe siècle, au Québec, ils observaient les éclipses et les comètes en plus d’enseigner l'arpentage, la navigation et l'hydrographie. L'astronomie a ensuite pris de l’expansion vers l’ouest avec l'observation d'un transit de Vénus à Churchill, au Manitoba, par les astronomes Dymond et Wales. Sur les conseils de Wales, la Compagnie de la Baie d'Hudson a embauché son premier arpenteur, Philip Turnor. Il faut rappeler qu’à cette époque, l’arpentage se fondait essentiellement sur des visées astronomiques pour déterminer la position et l’orientation. À Cumberland House, Turnor a ensuite formé David Thompson et Peter Fidler, qui ont entrepris l’arpentage de l'ouest canadien.

Au milieu du XIXe siècle, des observatoires astronomiques munis de télescopes réfracteurs ont été construits près de Montréal, Kingston, Québec et Fredericton. Une des principales missions de ces observatoires était de raffiner la mesure du temps en se basant sur l’observation des étoiles. Bien que les universités de chacune de ces villes aient commencé à offrir un programme de formation en astronomie à peu près à cette époque, l'Université du Nouveau-Brunswick a été la première à construire un observatoire astronomique et à y enseigner l'astronomie.

En 1868, un petit groupe d'astronomes amateurs de Toronto fondait le « Toronto Astronomical Club », qui allait ensuite devenir la Société Royale d'astronomie du Canada. La SRAC regroupe aujourd’hui environ 4500 membres répartis à travers le Canada. Bien que les membres de la SRAC soient pour la plupart des astronomes amateurs unis par leur passion pour le ciel, la Société a toujours eu une profonde influence sur le développement de l'astronomie au Canada. Un des ses leaders les plus importants était le Professeur C.A. Chant, lui-même un astronome professionnel réputé.

Au début du XXe siècle, réalisant l’importance grandissante de l’astrophysique aux côtés de l’astronomie traditionnelle, le Professeur Chant a fondé le département d'astronomie de l'Université de Toronto. Au même moment, le premier « Astronome en chef » du Canada, W.F. King, réalisait lui aussi que la recherche astronomique allait bien au delà de la mesure du temps et du calcul de position. Il a convaincu le gouvernement fédéral de créer l'Observatoire Dominion à Ottawa en 1902 et de l'équiper d’un télescope réfracteur mesurant 38 cm de diamètre. Ce fut le premier centre de recherche en astrophysique au Canada. On y réalisa des études spectroscopiques du Soleil et des étoiles. Mais les limites imposées par l’ouverture relativement modeste de ce petit télescope et la dégradation rapide du ciel nocturne si près d’Ottawa ont amené J.S. Plaskett à construire l'Observatoire fédéral Dominion d'astrophysique à Victoria, en Colombie-Britannique, en 1918. Son télescope de 1,83 mètre de diamètre a été l’un des plus grands au monde pendant quelques décennies. Les travaux sur la rotation de la Voie lactée menés par Plaskett grâce à ce télescope lui ont valu une renommée internationale.

Quelques années plus tard, le Professeur Chant réalisait son rêve de doter l'Université de Toronto d’un observatoire d’envergure. L'Observatoire David Dunlap fut inauguré à Richmond Hill, en Ontario, en 1935. Son miroir principal de 1,88 mètre de diamètre était alors le deuxième plus grand au monde ! Pendant plusieurs années, cet observatoire a constitué la seule installation au Canada où un étudiant pouvait recevoir l’ensemble de sa formation en astronomie. Les techniques de spectroscopie et de photométrie ont été les bases de la plupart des recherches entreprises à cet observatoire, notamment les travaux de Helen Hogg sur les étoiles variables au sein des amas globulaires et ceux de C.T. Bolton dévoilant la présence d’un trou noir au sein de Cygnus X-1 en 1972.

Après la deuxième guerre mondiale, à Ottawa, A.E. Covington a commencé à utiliser des surplus d'équipements Radar pour étudier les émissions d'ondes radio du Soleil à la longueur d’onde de 10 cm. Ce furent les débuts de la radioastronomie au Canada, et ce type d’observations est encore utilisé aujourd’hui dans le monde entier pour mesurer le niveau d'activité du Soleil. L’inauguration en 1960 de l'Observatoire fédéral de radio astrophysique Dominion de Penticton, en Colombie-Britannique et de l'Observatoire radio Algonquin dans le Parc Algonquin, en Ontario, six ans plus tard, ont permis des progrès importants. Ces deux observatoires ont été reliés électroniquement quelques années plus tard pour créer le premier interféromètre à très longue base au monde. Ce type d’instrument “virtuel” a la capacité de distinguer des détails mille fois plus fins que l’un ou l’autre des instruments “réels” pris isolément. L'Observatoire fédéral de radio astrophysique Dominion de Penticton a récemment ajouté plusieurs antennes radios à ses installations, ce qui a permis d’augmenter considérablement la résolution des images obtenues. Cet interféromètre est actuellement utilisé pour dresser la carte radio du plan de la Voie lactée.

La compétition entre le bloc de l'Est et les pays de l'Ouest pour établir la suprématie scientifique mondiale dans les années 1950 et 1960 a été l’un des aspects les plus importants de la guerre froide. En 1957, peu après le lancement du premier Sputnik russe et du premier satellite américain, le Canada est devenu le troisième pays au monde à lancer un satellite dans l’espace : Alouette, un satellite de télécommunications. Dès 1953, on avait constaté une recrudescence du nombre d'inscriptions dans les universités canadiennes, surtout dans le domaine des sciences et des études doctorales en astronomie.

Dans les années 1970, on fermait le vieil Observatoire Dominion à Ottawa tandis que l'Institut Herzberg d'astrophysique (une branche du Conseil national de recherches du Canada) devenait responsable de la recherche gouvernementale en astronomie. Déjà, plus d'une centaine d'astronomes professionnels travaillaient au Canada. Ces professionnels décidaient alors de créer leur propre organisation : la Société canadienne d'astronomie.

Alors que des équipements de plus en plus puissants et de plus en plus chers devenaient nécessaires pour explorer les confins de l'Univers, les institutions gouvernementales et universitaires canadiennes se sont regroupées pour être en mesure de se maintenir à la fine pointe de la recherche en astronomie. À l’heure actuelle, le Canada est partenaire avec d’autres pays dans trois observatoires internationaux : le télescope Canada-France-Hawaii, le télescope James Clerk Maxwell (tout les deux situés au sommet du Mauna Kea, à Hawaii) et les deux télescopes Gemini, dont l’un est situé sur le Mauna Kea et l’autre au Chili. Deux autres importants projets menés en collaboration sont l’Institut canadien d’astrophysique théorique (basé à Toronto) et L'Observatoire de neutrinos de Sudbury (ONS), construit loin sous la terre au fond d’une mine de nickel de l’Ontario. Bien sûr, les astronomes canadiens continuent de faire de la recherche intéressante et utile avec des équipements plus modestes. Même les astronomes amateurs peuvent contribuer à cet effort de recherche grâce aux observations faites à l’aide de plus petits télescopes. Les astronomes canadiens ont aussi maintenant accès à leur propre télescope spatial, le microsatellite MOST, qui étudie la variabilité des étoiles depuis l’espace.

Les astronomes canadiens ont conçu récemment un plan à long terme pour le développement futur de l'astronomie au Canada. Ce plan prévoit une participation canadienne dans le futur télescope spatial américain James Webb (qui succédera au télescope Hubble), dans le réseau d'antennes millimétriques d'Atacama (ALMA) au Chili de même que dans le « Square Kilometer Array » pour la radioastronomie.
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