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 Vénus, la mal-aimée, mérite-t-elle ce triste sort ?

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DINOULIX
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MessageSujet: Vénus, la mal-aimée, mérite-t-elle ce triste sort ?   Jeu 7 Déc - 23:09

a) La planète-soeur de la Terre

La masse de Vénus vaut 0,82 globes terrestres, sa surface vaut 460 millions de km² soit 90% de celle terrestre (510 millions) et la gravité à sa surface y est de 8,77 m/s², soit 89% de celle sur Terre (9,81 en moyenne). La composition chimique géologique de Vénus est inconnue mais d'après sa densité, très proche de celle de la Terre, il est raisonnable d'estimer qu'elle est similaire à celle de la Terre.

Bref: Vénus est la planète-soeur de la Terre et c'est avec éclat qu'elle s'empare de ce titre au détriment de Mars.

Vénus est aussi la plus proche des planètes. Son grand-axe est de 108,2 Mkm, soit deux tiers de celui de la Terre. Son ensoleillement est donc un peu moins du double que sur Terre. Il est en moyenne de 2.618 W/m² au zénith en haute atmosphère. Si on divise ce chiffre par quatre on obtient un ensoleillement moyen de 655 W/m² en en haute atmosphère au lieu de 342 W/m² sur Terre.

Le rapport entre l'ensoleillement de Vénus et celui de la Terre est donc moins marqué que celui entre la Terre et Mars.

L'application de la loi de Stefan-Boltzmann fait correspondre une température de 55°C à un flux d'énergie de 655 W/m². C'est la température qu'il y aurait au sol de Vénus si elle était sans atmosphère et qu'elle se comportait comme un "corps noir", absorbant et réemettant toute l'énergie qui lui est transmise. Par comparaison, avec 342 W/m², la Terre se situerait dans ce cas à 6°C. Si par contre on tient compte de leurs albédos, Vénus et la Terre se trouvent côte à côte, toutes les deux gelées aux alentours de -20°C.

b) Variations saisonnières négligeables !!

b) 1 - Quasi-absence de saison tropique

Vénus présente une très faible obliquité: 2,7 degrés.

On la note 177,3° pour indiquer que cette planète tourne à l'envers sur elle-même.

En raison de cette faible obliquité, il n'y a presque pas de saison tropique sur Vénus, telles qu'on les connaît sur Terre.
L'évolution de l'année tropique se limite sur Vénus à:

* un léger flottement de l'équateur climatique le long d'un étroite bande intertropicale de 570 km de largeur, soit moins de 5% de la surface totale de Vénus;
* de tout aussi légères variations, sur une marge de 5,4° (= 2 * 2,7°), de la hauteur du Soleil dans le ciel;
* des fluctuations d'une ampleur similaire sur la durée relative des journées et des nuits;
* l'obscurité complète, lors de chaque solstice, sur la totalité d'un petit cercle polaire de 2,7° d'amplitude tandis que le cercle polaire opposé est alors entièrement exposé au Soleil. Chacun de ces deux cercles polaires est d'un diamètre de seulement 570 km. A eux deux, ils couvrent un millième de la surface de Vénus.

Au fur et à mesure qu'on s'éloigne de l'équateur, le Soleil est de plus en plus bas dans le ciel et les nuits sont de plus en plus claires. En s'approchant des pôles, l'allongement ou raccourcissement des journées solaires selon les saisons tropiques commence à devenir sensible.

Comme pour toute autre planète tellurique que la Terre, l'année tropique se confond sur Vénus avec l'année sidérale. En effet, à défaut de Lune, il n'y a pas de précession des équinoxes.

b) 2 - Quasi-absence de saison anomalistique

Vénus se distingue par une excentricité extrêmement faible: e = 0,0068.

Cette excentricité est encore plus faible que sur Terre (e = 0,0167) où elle est imperceptible si ce n'est par un raccourcissement de notre hiver à 89 jours, une légère accentuation des saisons de l'hémisphère Sud ainsi qu'une légère différence entre les jours solaires vrais et les jours solaires moyens de nos horloges, de sorte qu'il peut y avoir un décalage, sur Terre, de l'ordre de jusqu'un quart d'heure entre le Midi solaire vrai et le Midi solaire moyen.

La très faible excentricité de Vénus garantit une durée presque égale des saisons tropiques ainsi qu'une grande constance du jour solaire, de façon plus marquée que sur Terre où chaque jour solaire vrai peut prendre jusqu'à environ 30 secondes de plus ou de moins que 24 heures. Quant à Mars, la durée des jours solaires vrais y est franchement distincte des jours solaires moyens. Le problème de la variation de la durée des jours, dit de l'équation du temps, qui se pose déjà sur Terre, se pose sur Mars en des termes d'autant plus aigus que l'année tropique compte un nombre plus important de jours.

La distance de Vénus au Soleil varie de 108,9 Mkm lors de l'aphélie, à 107,5 Mkm. On peut donc calculer que l'ensoleillement au zénith et en haute atmosphère varie très peu au cours de l'année anomalistique: de 2.583 W/m² à l'aphélie à 2.655 W/m² au périhélie. La moyenne sur l'ensemble de la surface de Vénus s'établit par une division par 4 de ces chiffres. On obtient une fluctuation entre 646 et 664 W/m², autour de la moyenne qui (établie précédemment) est de 655 W/m².

(Cette division par quatre est dûe à ce que la surface du globe est quatre fois plus étendue que la surface d'une coupe passant en son centre.)

c) Certes ... Pression atmosphérique et température: hors normes !

Vénus est dotée d'une atmosphère très épaisse. Sa stratosphère se situe à 60 km d'altitude, contre 30 km pour la Terre. A la surface de Vénus, sa pression est de l'ordre de 92 atmosphères terrestres.

Ceci peut sembler étonnant mais on sait que sur Terre la pression serait encore plus énorme, s'il n'y avait eu d'une part la condensation de la vapeur d'eau sous forme d'océans (dont la masse vaut 270 fois celle de l'atmosphère terrestre) et la captation de CO2 dans ces mêmes océans par les organismes marins. A la limite, on peut se demander pourquoi l'atmosphère vénusienne est si légère. Il semble que son absence de champ magnétique puisse justifier, sachant par ailleurs sa proximité vis-à-vis du Soleil, que le vent solaire ait eu, et continue d'avoir tendance à raréfier cette atmosphère.

Entre 48 et 58 km d'altitude, se trouve une épaisse couche de nuages dont le sommet est à une température entre 20°C et 90°C. En-dessous, des brouillards s'étalent jusqu'une limite située à 31 km d'altitude, à laquelle la température atteint 220°C. Au sol, elle peut dépasser 500°C (680 K) !

On estime que le sol vénusien doit être en moyenne à une température de 480°C.

A une centaine d'atmosphères, l'eau liquide peut exister jusque plusieurs centaines de °C. Au-delà, étant donné la pression, il n'y a pas d'ébullition car l'eau existe sous un état intermédiaire entre vapeur et eau. Il est donc inconcevable, dans ces conditions, qu'il y ait une quelconque surface d'eau liquide à la surface de Vénus.

Les précipitations ne parviennent jamais au sol puisque la température et la pression y sont excessives. En l'occurrence, il s'agirait de pluies d'acide sulfurique.

La basse atmosphère vénusienne est mortellement chaude et dense. Elle se distingue aussi par la quasi absence de vent, qui ne dépassent pas quelques km/h au sol, étant donné d'une part la lenteur de la rotation de Vénus et d'autre part l'insignifiance des différences de température d'un endroit à un autre. L'atmosphère de Vénus est comme une chape de plomb d'un seul tenant. Par contre, des vents très rapides balaient la haute atmosphère. A raison de 350 km/h, ils font le tour de la planète en environ quatre de nos jours.

La réfraction de la lumière du lever et du coucher de Soleil va, sur Vénus, beaucoup plus loin que sur Terre. Il n'y fait peut-être jamais entièrement nuit. De plus, d'incessants coups de tonnerre éclairent le ciel.

d) Certes ... des jours solaires très longs !

d) 1- Jours sidéraux exceptionnellement longs

Sur Vénus, un jour sidéral prend la valeur démesurée de 20.966.064 secondes, soit plus de 243 de nos jours sidéraux, qui sont de 86.164,09 secondes.

En annulant les forces de Coriolis, la très lente rotation de Vénus sur elle-même apporte un élément supplémentaire de stabilité climatique. Sur Terre, les forces de Coriolis font que les vents soient parallèles et non perpendiculaires aux lignes isobares. Les vents terrestres sont dits géostrophiques: ils sont infléchis par la rotation terrestre. Ceci mène à la situation que nous connaissons sur Terre, avec des anticyclônes et des dépressions qui se maintiennent et marquent des zones climatiques. En l'absence de cette inflexion, les vents vénusiens vont directement du centre d'un anticyclône vers le centre d'une dépression. Sur Vénus, il ne peut donc pratiquement se former ni de dépression ni d'anticyclône stables.

Si une atmosphère similaire à celle terrestre était sur Vénus, on n'observerait donc aucun des éléments climatiques qui nous sont habituels. Par ailleurs, au lieu des trois cellules climatiques présents à chaque hémisphère terrestre, on n'en observerait qu'une seule sur Vénus.

d) 2- Jours sidéraux rétrogrades

Outre leur longueur, ces jours sidéraux ont une seconde particularité: ils se déroulent en sens inverse. Vue du Nord, Vénus tourne dans le sens des aiguilles d'une montre. Les plus récentes explications de cette rotation rétrograde de Vénus se fondent sur les phénomènes de marées solaires.

Sachant que par contre, le mouvement de Vénus autour du Soleil se fait dans le même sens que toutes les autres planètes, on peut en déduire que le Soleil se lève à l'Ouest, étant donné que le mouvement apparent journalier du Soleil accélère au lieu de contredire le mouvement apparent annuel, d'Ouest en Est.

A quiconque se désolerait que le Soleil puisse se lever à l'Ouest, il est bon de signaler qu'il suffirait de considérer que Vénus est à l'envers, avec le Nord en bas et le Sud en haut, pour que le Soleil recommence à s'y lever à l'Est.

d) 3- Jours solaires vénusiens très longs

La durée du jour solaire vénusien dépend de celle du jour sidéral, dont on a vu qu'il est de 20.996.064 secondes, et de l'année sidérale qui vaut légèrement moins: 19.414.166 secondes. A première vue on pourrait se dire que ceci donnera une journée solaire presque infinie. Or, il n'y a pas sur Vénus de contradiction mais bien une superposition des effets annuel et journalier, étant donné le sens de rotation inversé.

La durée du jour solaire vénusien est donc de 10.080.147 secondes soit 117 fois nos jours solaires, qui sont en moyenne de 86.164 secondes. Cette durée se calcule en mutipliant la durée de l'année sidérale et du jour sidéral puis en divisant ce produit par leur somme et non par leur différence, comme on le fait pour toute planète qui tourne sur elle dans le sens normal.

Il résulte, de cette grande durée de journée solaire, une conséquence étrange: le climat de Vénus est marqué par des contrastes thermiques maximaux à l'équateur. En effet, à l'équateur:

* la journée est fortement ensoleillée;
* la nuit est entièrement noire peu après le coucher de Soleil;
* l'éloignement est maximal par rapport aux vents issus de l'hémisphère qui est exposé à la lumière du jour.

C'est probablement en raison des contrastes thermiques équatoriaux qu'on constate en haute altitude, sur Vénus, des vents de l'ordre de 350 km/h tout le long de l'équateur.

e) En conclusion ...
Un monde très exotique ! Mais passionnant.
SANS ses masses énormes de CO2, qu'on pourra transformer en oxygène O2 et en eau H2O dès qu'on aura trouvé un moyen de conduire ou de synthétiser de l'hydrogène H2 sur Vénus, et en déployant des moyens adéquats en GEOINGENIERIE, par exemple pour doter cette planète d'un fort albédo, Vénus sera vivable ! Restera l'unique problème de s'adapter à un rythme journalier, certes terriblement étrange. Mais l'énergie solaire y abonde, l'énergie géothermique y sera à profusion également ... sur un sol qui prendra peut-être des millions d'années à refroidir en profondeur.
Deux grandes inconnues:
- l'état actuel du volcanisme sur Vénus;
- la possibilité, vu l'état dans lequel se trouve l'humanité, d'imaginer de peupler une planète où aucune production illicite de gaz à effet de serre ne pourrait être tolérée.
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MessageSujet: Re: Vénus, la mal-aimée, mérite-t-elle ce triste sort ?   Ven 8 Déc - 17:15

Excellente étude ! Il y en a eu un doublon et j'ai pris la liberté de le supprimer, car la qualité peut grandement surpasser la quantité.

Il y a quelques mois, j'ai "dû" écrire un article complet sur la planète voisine, qui s'étend sur trente pages (dont un bon tiers à raconter son exploration).
D'après ce que je me souviens y avoir mis, je me permets également d'ajouter quelques compléments d'informations :
Citation :
A la limite, on peut se demander pourquoi l'atmosphère vénusienne est si légère.
Je la considère plutôt massive, étant donné qu'il n'y a plus de trace d'eau. Nous ne savons pas où sont passés les océans de Vénus. D'un autre côté, si on vaporise l'ensemble des carbonates estimés sur Terre en dioxyde de carbone, on arrive à une soixantaine de bars. A l'aube de l'histoire du Système Solaire, les deux planètes n'étaient pas des planètes soeurs, elles étaient des planètes jumelles.
Citation :
A une centaine d'atmosphères, l'eau liquide peut exister jusque plusieurs centaines de °C.
J'ai lu la valeur de 360 degrés.
Citation :
Par ailleurs, au lieu des trois cellules climatiques présents à chaque hémisphère terrestre, on n'en observerait qu'une seule sur Vénus.
On en observe qu'une seule sur Vénus ; on a bien observé une circulation latitudinale, de type Hadley.
Citation :
Cette durée se calcule en mutipliant la durée de l'année sidérale et du jour sidéral puis en divisant ce produit par leur somme et non par leur différence, comme on le fait pour toute planète qui tourne sur elle dans le sens normal.
Il s'agit de la formule du plus petit commun multiple, que j'ai étudiée sous une forme différente : jour solaire = 1 / [ (1/rotation sidérale) - (1/révolution sidérale) ]. Pour Vénus, il faut bien veiller à rendre la valeur de la rotation négative, car on se retrouve avec un jour solaire de huit ans terrestres (déjà remarqué dans un fascicule d'astronomie - heureusement distribué à une très petite échelle !). Cette formule fonctionne aussi très bien pour trover les périodes synodiques entre planètes, soit les intervalles de temps séparant deux oppositions.

L'état actuel du volcanisme vénérien est à coup sûr le grand enjeu de l'exploration future de cette planète. On pressent qu'il est encore actif, car l'observation d'une grande variabilité de la teneur en dioxyde de soufre dans la haute atmosphère a du mal à s'expliquer autrement. Nous sommes par contre à peu près certains qu'il ne s'agit que d'un volcanisme de point chaud, la tectonique des plaques semblant absente.

A tous points de vue, l'atmosphère invivable de la planète Vénus est un frein à sa connaissance et son exploitation. Mais je vois que l'on commence à en avoir sa claque des Mars et des Saturne... Bien que je milite bien davantage sur le front mercurien*, je considère ce qui précède comme bienvenu.

*: pour lequel je me suis essoufflé jusque douze pages seulement, dans un article complet analogue à celui dont j'ai parlé en début de message. Mon travail sur Mars, au vu de la quantité de données dont je dispose, pourra probablement dépasser la centaine de pages, ce qui est presque trop. Evidemment il suffit de se rendre compte que l'on est capable d'écrire des livres entiers sur Mars, ce qui est rare (mais existant) au sujet de Vénus ou Mercure.
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DINOULIX
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MessageSujet: Re: Vénus, la mal-aimée, mérite-t-elle ce triste sort ?   Ven 8 Déc - 21:47

Indéfectible (indécrottable ?) militant vénérien, je prendrais volontiers connaissance de ton article sur Vénus. Je n'hésiterais cependant pas à m'acoquiner avec le Front Mercurien, ou du moins, à m'y confronter. J'attends tes arguments en ce sens (sur un autre fil de discussion ?).
Par rapport à l'absence d'eau sur Vénus ... elle peut paradoxalement être perçue comme un motif d'espoir. Eh oui. En effet ... Elle semble indiquer que le volcanisme, qui a produit l'épaisse atmosphère vénérienne, est ancien ! CAR
1) les molécules d'eau sont plus légères que celles de CO2;
2) ceci les rend plus facilement balayables par le vent solaire (plus fort que sur Terre et diablement plus fort que sur Mars, où pourtant il a pu tout balayer);
3) la composition chimique de la terrifiante atmosphère vénérienne montrerait, en ce sens, qu'elle n'est en réalité qu'une pâle figure de ce qu'elle fut autrefois, lorsqu'il y avait sur Vénus une masse similaire de H2O que sur Terre: 270 bars.
OR ... Un volcanisme ancien, ouvrirait la possibilité de se mettre à résorber le CO2 sans que sa masse soit constamment réapprovisionnée par les volcans.
Quant aux composés soufrés, ils forment un faible pourcentage. Leur variabilité peut résulter d'un volcanisme résiduel: c'est à mesurer ... Et il se peut aussi que des effets physico-chimiques particuliers tendent à les concentrer, de même que l'eau se concentre dans notre atmosphère sous forme de nuages.
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MessageSujet: Re: Vénus, la mal-aimée, mérite-t-elle ce triste sort ?   Sam 9 Déc - 1:42

En effet l'hypothèse du volcanisme pour expliquer les observations relatives au dioxyde de soufre reste discutée. Un volcanisme résiduel représente plus exactement un espoir de la part des géologues de reprendre pied dans un autre bassin planétaire !

D'une part la molécule d'eau sera plus sujette à l'emport par le vent solaire, mais elle est aussi plus fragile. Un photon ultraviolet brisera sans trop de peine les liaisons hydrogène-oxygène, alors que les liaisons carbone-oxygène représentent une autre paire de manches : CO2 est une molécule costaude.

L'article est divisé en cinq parties ; la dernière (celle relative à l'exploration) devant paraître dans les prochains jours.
Les pages dans lesquelles elles figurent ne sont pas entièrement consacrées à cet article, et tous les compléments entourant le texte peuvent rendre la vision inconfortable, mais l'avantage d'avoir les images avec le texte est appréciable (je ne dispose que du texte et des images séparément, car je ne m'occupe pas de la mise en page).

Partie I : Orbite, rotation et globe :
http://www.luniversalis.com/Journal/JT_012/Journal.htm

Partie II : Atmosphère :
http://www.luniversalis.com/Journal/JT_013/Journal.htm

Partie III : Topographie et volcanisme :
http://www.luniversalis.com/Journal/JT_014/Journal.htm

Partie IV : Phénomènes tectoniques et cratérisation :
http://www.luniversalis.com/Journal/JT_015/Journal.htm
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MessageSujet: Re: Vénus, la mal-aimée, mérite-t-elle ce triste sort ?   Sam 9 Déc - 20:05

Denses, très denses, tes pages ...
Merci de cette vivifiante lecture, quoique j'avoue ne pas tout comprendre. Je ne suis pas assez formé en physique et je n'ai peut-être pas toute la carrure intellectuelle nécessaire. C'est peut-être dans un style moins concis et plus aéré que tu devrais écrire.
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MessageSujet: Re: Vénus, la mal-aimée, mérite-t-elle ce triste sort ?   Sam 9 Déc - 23:15

J'en prends note, et j'y veillerai pour Mars.
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MessageSujet: Re: Vénus, la mal-aimée, mérite-t-elle ce triste sort ?   Dim 17 Déc - 21:26

Bon, Naos, je crois que j'ai réussi à te prendre en défaut. Voici un extrait de
http://www.luniversalis.com/Journal/JT_013/Journal.htm
Citation :

Vénus est recouverte de nuages clairs qui réfléchissent les trois quarts de l’énergie reçue du Soleil. Ainsi, même si l’insolation au niveau de Vénus, 2614 watts par mètre carré, vaut presque le double qu’au niveau de la Terre, seuls 14 % de cette énergie lumineuse, soit 367 W/m² parviennent jusqu’à la surface vénusienne. Ce chiffre est de loin inférieur à l’insolation à la surface de la Terre, qui est de 842 W/m². Pour cette raison, on calcule que si Vénus était en équilibre thermique, émettant autant de chaleur qu’elle n’en reçoit, il y ferait -42°C.
Ci-dessous, un lien qui montre (j'en suis l'auteur) que Vénus, si elle était un corps noir privé d'atmosphère, serait à une température d'environ 50°C. Et que si on tient compte de l'albédo de 65%, Vénus se trouve côté à côté avec la Terre, vers -20°C.
http://www.pensifs.com/sciences/planetes/comparatif-situation.php#3d
Si on tient compte de l'absorption atmosphérique (et non, de l'effet de serre), il fait encore plus froid sur Terre: -43°C, par application de la loi de Stefan Boltzmann.
http://www.pensifs.com/sciences/climat/effet-de-serre.php#IVc
Et dans ce lien, tu découvriras qu'il est IMPENSABLE que la Terre reçoive à sa surface 842 W/m². Impensable ! En moyenne, 342 W/m² arrivent en haute atmosphère et au sol, 160 seulement.
Eh oui ... Sans l'effet de serre, nous serions gelés.
(Quand on parle d'effet de serre, c'est en effet de son emballement qu'il s'agit.)
Le taux d'absorption de l'atmosphère de Vénus, c'est combien ? Car je suis surpris que 367 W/m² arrivent à la surface vénérienne.
2614 / 4 = 653 W/m² en moyenne en haute atmosphère
653 * (1 - 0,65) = 229 W/m² après l'albédo
229 * (1 - taux d'absorption) = ? une centaine ? de W/m²
Note bien par ailleurs, que les 367 W/m² cités correspondraient à une température largement tolérable par des êtres humains.
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MessageSujet: Re: Vénus, la mal-aimée, mérite-t-elle ce triste sort ?   Dim 17 Déc - 23:44

Soit, j'ai utilisé des données que j'ai cru valables.

Mais pour ceci :
Citation :
En moyenne, 342 W/m² arrivent en haute atmosphère et au sol, 160 seulement.
Je renvoie à cela : http://nssdc.gsfc.nasa.gov/planetary/factsheet/earthfact.html
où il est plus que clairement noté que l'insolation dépasse les 1300 W/m².
Ce chiffre est d'ailleurs nommé "constante solaire"...
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MessageSujet: Re: Vénus, la mal-aimée, mérite-t-elle ce triste sort ?   Lun 18 Déc - 10:28

Comme diraient les américains: BULLSHIT !
1°) Il n'y a pas de "constante solaire" car l'insolation qui arrive en haute atmosphère varie selon l'année anomalistique. En bas de la page que voici, je calcule la distance Terre-Soleil actuelle et en déduit, selon un calcul que j'explique, l'insolation actuelle au zénith.
http://www.pensifs.com/sciences/terre-soleil/energie-solaire-previsibilite.php#IV
Valeur actuelle: 1.415 W/m²; va en augmentant car on s'approche du périhélie.
2°) Il y a une "moyenne solaire": elle est d'environ 1.370 W/m².
Elle correspond à la distance moyenne Terre-Soleil qui, le plus souvent, est abusivement assimilée à une moyenne entre aphélie et périhélie.
Explication de cette valeur, au lien ci-dessous:
http://www.pensifs.com/sciences/terre-soleil/energie-solaire-evaluation.php#II5
3°) DIVISER PAR QUATRE
Eh oui !! Les 1.370 W/m², c'est sur un disque et non sur le globe terrestre ! Or la surface terrestre est quatre fois plus étendue: 4 * PI * R².
http://www.pensifs.com/sciences/terre-soleil/energie-solaire-evaluation.php#II7
Voilà ...
Content d'avoir pu t'aider.
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MessageSujet: Re: Vénus, la mal-aimée, mérite-t-elle ce triste sort ?   Lun 18 Déc - 18:41

C'est justement le calcul d'une insolation zénithale qui ne fait pas intervenir de division par quatre, le tout est de ne pas étendre au globe terrestre entier.

Pour le terme de constante solaire, c'est vrai qu'il est plutôt mal choisi.
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MessageSujet: Re: Vénus, la mal-aimée, mérite-t-elle ce triste sort ?   Lun 18 Déc - 20:02

@Naos a écrit:
le tout est de ne pas étendre au globe terrestre entier.
Le calcul d'une température moyenne planétaire se fait toujours à partir de la valeur zénithale divisée par 4. Ce que tu as écrit dans ton article induit en erreur les lecteurs et risque par ailleurs de diminuer sa crédibilité.
La valeur extrême, sur le point intertropical qui se trouve au zénith, n'est pas significative, c'est le moins qu'on puisse dire ! Et elle l'est d'autant moins que de puissants mouvements de convection (vents) neutralisent la chaleur qui résulterait d'une telle insolation.
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MessageSujet: Re: Vénus, la mal-aimée, mérite-t-elle ce triste sort ?   Lun 18 Déc - 20:32

Si je comprends bien la moyenne planétaire est également une moyenne diurne et nocturne. C'est juste, un globe sphérique est quatre fois plus étendu qu'un disque de même rayon, et justement un globe planétaire n'intercepte la lumière solaire que l'équivalent d'un disque ayant le rayon planétaire.

Mais où je veux en venir, c'est que la lumière n'est interceptée que sur une moitié de globe, celle exposée au Soleil. La moyenne diurne, sur la portion éclairée, s'obtient-elle avec une division par deux quelque part, au lieu d'une par quatre ?

Sans manquer de respect à quiconque, je ne regrette pas amèrement d'avoir laissé filtrer des erreurs dans ces travaux. Ils s'inscrivent dans un projet à long terme et sont destinés à être revus en profondeur un beau jour. A ce moment-là bien entendu, j'informerai les intéressés...


Dernière édition par le Mar 19 Déc - 16:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Vénus, la mal-aimée, mérite-t-elle ce triste sort ?   Mar 19 Déc - 7:36

@Naos a écrit:
La moyenne diurne, sur la portion éclairée, s'obtient-elle avec une division par deux quelque part, au lieu d'une par quatre ?
Certes oui ...
Mais c'est bien le chiffre résultant de la division par quatre qui est à la base de calculs concernant la température moyenne planétaire.
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MessageSujet: Re: Vénus, la mal-aimée, mérite-t-elle ce triste sort ?   Ven 22 Déc - 23:48

Il y a quelques jours j'ai été titillé par le titre du dernier Science & Vie : "Refroidir la Terre". En résumé le magazine présente quatre projets visant à agir à grande échelle sur les mécanismes climatiques au cas où l'effet de serre s'emballait pour de bon, et que la situation deviendrait proprement hors de contrôle.

Je m'attendais à y dénicher quelques pistes intéressantes pour Vénus, mais il n'en fut finalement pas question. La seule option raisonnable reste le sempiternel parasol placé au point de Lagrange 1, avec tout de même différentes versions.

Deuxième scénario, le plus frustrant peut-être : répandre des molécules d'oxydes de soufre de manière à provoquer la synthèse de particules sulfatées dans la haute atmosphère. Ces particules absorberaient une part du rayonnement solaire incident. C'est mot pour mot ce qui se passe déjà sur Vénus.

Troisième projet : créer des portions de banquise artificielle pour donner un coup de pouce à la circulation thermohaline. Rien de vénérien la-dedans, l'enjeu est déviter le fameux arrêt du Gulf Stream et le refroidissement de l'Europe (une menace semblant s'être estompée dernièrement).

Quatrième élucubration : répandre des nutriments dans des zones océaniques pauvres en plancton photosynthétique de manière à doper l'absorption de dioxyde de carbone. Sans océan ni plancton autre part que sur Terre...

Enfin avec le reste du mensuel ce n'est pas non plus quelques euros jetés.
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DINOULIX
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MessageSujet: Re: Vénus, la mal-aimée, mérite-t-elle ce triste sort ?   Sam 23 Déc - 23:11

@Naos a écrit:
Il y a quelques jours j'ai été titillé par le titre du dernier Science & Vie : "Refroidir la Terre"....

Enfin avec le reste du mensuel ce n'est pas non plus quelques euros jetés.
Frustrante revue en effet. "Vulgarisation" et science, ça fait deux !!!
Je ne l'achéterai plus ...
Vulgariser la science, c'est comme mouiller le feu !
Idée de géoingéniere appliquée à Vénus: disposer les parasols sur des sortes de zeppelins, mettant à profit l'épaisseur de l'atmosphère vénérienne. Source d'énergie ? Le Soleil.
La grande durée du jour solaire vénérien rend imaginable un parasol qui tournerait autour de la planète pour être à tout instant aux environs du point zénithal.
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MessageSujet: Re: Vénus, la mal-aimée, mérite-t-elle ce triste sort ?   Aujourd'hui à 15:38

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Vénus, la mal-aimée, mérite-t-elle ce triste sort ?
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