Le phénomène des marées ne se ramène pas simplement à l'attraction exercée par un gros corps sur un petit. La gravitation universelle prend très bien ceci en charge. Les marées interviennent quand les objets sont relativement gros comparativement à la distance qui les sépare, et qu'on ne peut dès lors plus les assimiler à un seul point, à savoir leur centre de gravité. Les deux faces de l'objet attiré, celle orientée vers l'objet attracteur et l'opposée, ne sont plus attirées avec la même intensité, et l'objet se déforme.
Les marées s'observent aussi dans le domaine galactique, mais uniquement quand elles entrent en collision (ce qui nous amène à des lieues de l'expansion de l'Univers). Deux galaxies qui viennent de s'interpénétrer et comment à s'éloigner l'une de l'autre en continuant sur leur lancée sont chacune affublées de deux appendices en forme de bras recourbés. L'un est orienté vers l'autre galaxie et l'autre est tourné à l'opposé. Il est fréquent que les deux bras censés relier chaque galaxie à l'autre ne forment qu'une seule structure au début de l'événement collisionnel, avant qu'elle ne se dédouble, parfois, à l'occasion de l'éloignement des deux galaxies. Les bras tournés vers l'extérieur sont les premiers à émerger, avant même que les deux galaxies n'aient commencé à se séparer ; voir pour illustrer cela l'exemple des "Antennes". Il n'est pas rare non plus que des condensations apparaissent et se désolidarisent des bras de marée : on a alors affaire à de véritables petites galaxies, dont on se doute depuis assez peu de temps qu'elles doivent représenter une part importante de la population des galaxies naines, que l'on pensait jusque là s'être formées toutes seules.