Abscondité ou pas, la théorie qui sous-tend les trous de vers reste compliquée quelle que soit la manière dont on en parle, et les simplifications rendent la description davantage bancale que limpide.
J'en appelle d'abord à l'image du tissu souple et élastique pour un espace réduit à deux dimensions, qui se creuse d'un renfoncement dès qu'on place un objet dessus (ou dedans). Plus l'objet est dense, plus le creux est étroit et profond, donc plus la déformation est marquée. Dans le cas du trou noir, la seule notion de densité est littéralement transcendée, car toute la masse de l'objet qui s'est effondré en trou noir est concentrée en un seul point, de volume nul, rendant sa densité infinie. Du moins, cette description d'un trou noir comme un objet ponctuel est celle à laquelle aboutit une théorie physique incomplète et touchant ses propres limites quand elle tente de décrire la forme de l'espace aux environs et à l'endroit qu'occupe un trou noir.
Pour un trou noir donc, la déformation de l'espace est telle qu'il ne s'agirait même plus d'un renfoncement, mais d'une perforation, avec une déchirure dans le tissu spatial. Théoriquement, il n'est pas interdit de faire communiquer cette perforation avec une autre perforation pratiquée plus loin et à une autre époque, de manière à créer une sorte de tunnel entre les deux endroits et les deux époques où les perforations ont eu lieu.
En image, cela donnerait quelque chose comme ça :

Ici, l'entrée et la sorte sont contigus, mais rien n'interdit de les imaginer très éloignés, dans le temps et dans l'espace, alors que le trou de ver paraîtra toujours aussi court spatialement, et devrait autoriser un trajet quasi-instantané.
Les trous de ver restent malgré leur solide fondement théorique une spéculation sans réalité avérée, et pour l'instant les réflexions sur ces formations se limitent à des jeux intellectuels pour spécialistes. Si un trou de ver existe, il aura la forme d'un goulot, et au maximum d'étroitesse, le trou de ver se limite à un point de large, effectuant la jonction proprement dite entre la perforation d'entrée et la perforation de sortie. Or ce point n'est rien d'autre que le trou noir lui-même, le point dans lequel s'est concentrée toute la masse de l'objet effondré en trou noir. Autant dire que si les trous de ver existent, ils sont bouchés dès le moment où ils se creusent. Il y aurait moyen d'élargir le tunnel et de contourner le bouchon que constitue le trou noir, en instillant de "l'énergie négative" à l'endroit critique. Voilà où on en est...